lundi 10 novembre 2014

Les exilés Birmans en Thaïlande

Matthieu Germain Lambert

Après avoir étudié la photo à Montréal, Matthieu Germain Lambert affirme son style à l’occasion de divers voyages qui l’ont emmené en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud. 

En Thaïlande, ses reportages sur le travail d’ONG auprès des réfugiés birmans vont lui valoir plusieurs prix dont la 2e place de la catégorie reportage des Photographies de l’année 2012.

Si ses reportages ont trouvé dernièrement un écho dans la presse, il ne cherche pas à travailler spécifiquement pour les magazines. Récemment installé à Angers, ses projets dans les mois à venir vont le mener à travailler sur le handicap, sujet pour lequel chacun peut se sentir concerné.

Son traitement profondément humaniste offre un regard délicat, loin du voyeurisme et du spectaculaire. Ses sujets de prédilection le conduisent vers des êtres malmenés par la vie et qui retrouvent derrière son objectif la grâce et la dignité à laquelle tout être humain devrait en principe avoir droit.

 "Comme un poisson dans l’eau" - Mae Sot - Thaïlande -


Les exilés Birmans en Thaïlande

La vie doit continuer

Loin des projecteurs braqués sur l'actualité du proche orient, survit un peuple, exilé de son pays, la Birmanie.

Traqués par la junte militaire birmane au pouvoir, les Karen, les Chan, et quelques autres communautés ont fui l'épuration ethnique dénoncée par Aung San Su Kyi et traversé la frontière thaïlandaise, au péril de leur vie.. 

Le conquérant, se tient droit, le regard vers le futur mais les pieds dans les déchets. comme un espoir pour lui, son peuple, mais aussi toute l'humanité qui se sortira de ses propres déchets, quels qu’ils soient, au nom de ce principe : Survivre.

A quelques kilomètres ils ont découvert le village de Mae Sot et sa décharge à ciel ouvert, seul endroit où leur présence est « tolérée ». C'est en fouillant les déchets d'un peuple voisin qu'ils survivent. Inexorablement, les camions apportent chaque jour leur lot d'ordures déjà triées en amont. De ces restes, ils doivent extraire de quoi façonner leurs habitats, et parfois, arriver à revendre leurs « trésors » pour s'acheter de quoi se nourrir.
Dans l'attente d'un hypothétique retour au pays, la vie reprend ses droits. Des enfants naissent, grandissent dans un milieu toxique et à leur tour fouillent les rebuts pour subsister.

Tiraillés entre l'exil de leur pays et la corruption de leur « terre d'accueil » ils subissent leur sort sans haine ni regrets. Ne nourrissant leur quotidien que de l'espoir de rentrer simplement chez eux, pour y reprendre une vie digne.

« Sofa project »

« Sofa project », une façon décalée d’être confronté à la survie des réfugiés birmans en Thaïlande.

Daw Hthey, 45 ans, vit en Thaïlande depuis 5 ans.


Cette série de portraits souligne l'opposition entre le sofa - qui est supposé être confortable et le signe d’une situation établie - et les déchets tout autour qui sont la réalité de ces hommes, femmes et enfants.

Chacun d’entre eux pose son identité, son origine et l’opportunité de pouvoir véhiculer un message, qui correspond à un seul rêve.

Tae Za, 60 ans, vit en Thaïlande depuis 5 ans.


Un rêve qui concerne plusieurs milliers d’exilés birmans, tant oubliés.

Les exilés Birmans en Thaïlande et « Sofa project », du 21 novembre 2014 au 31 janvier 2015, à l’espace 72, 16 rue de la Galère - 72000 Le Mans.

Pour tout renseignement : http://espace-photo-72.blogspot.fr - Tél :  02 53 15 88 63


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